UCB 2026 à Cotonou 

 

                                                          UCB 2026 à Cotonou

 

 

Les conditions sanitaires, matérielles et financières du prêtre béninois aujourd’hui : que pouvons-nous faire ensemble ?

 

                                 Est-ce de l’utopie ?

        

 

     Il faut prioriser les initiatives solidaires et la vision d’ensemble pour éluder la présomption de l’utopie. Nous devons travailler à mettre en place des structures au service de tous et non au service de quelques-uns et éviter le « chacun pour soi ». Cette dernière vision engage chacun dans ses actions quotidiennes pour mieux comprendre qu’il vaut mieux se demander : « que devons-nous faire ensemble ? » comme s’enquiert si bien le révérend père Julien PENOUKOU. Agir ensemble devient un impératif moral et ecclésial.

 

   Mais quand on pense éviter le « chacun pour soi », cela frise de l’utopie.  Des voix autorisées s’élèvent et incitent à combattre et ennoblir cette vision de construire l’aujourd’hui et l’avenir ensemble. Il faut donc croire au changement si on croit en la solidarité. Selon le père Hubert KEDOWIDE, délégué national de l’UCB, le défi commun est plutôt de commencer par la solidarité pour être pleinement personnel. Ce n’est donc pas de l’utopie. Il montre que pour servir, il faut des moyens et que la solidarité est primordiale. Cela commence un jour. Il faut commencer un jour dans la confiance en acceptant de mettre ensemble. La propriété privée n’est pas exclue mais il faut prendre conscience que l’autre est une partie de soi. C’est là le gage de réussite.

 

  Le père Noël TOSSOU, délégué diocésain de l’UCB, repartit que ce n’est pas du tout de l’Utopie que de chercher à réduire l’épaisseur de l’inégalité entre prêtres. Avec conviction, il affirme que l’espérance deviendra réalité dans quelques années. L’idée de solidarité est soutenue par le père Éric Oloudé OKPEÏTCHA, secrétaire adjoint de la CEB. Selon lui, les réflexions méritent d’être approfondies ensemble. L’idée de solidarité doit être ancrée dans notre vie et « nous sommes obligés d’y croire car la solidarité est évangélique », observe-t-il. Mais il reconnaît que chacun est responsable de son corps et doit en prendre soin ; travailler avec les autres doit pousser à penser à notre avenir à sécuriser car le jeune d’aujourd’hui est le vieillard de demain. L’idée suivant laquelle on peut avoir un « chez-soi », des garanties sécuritaires, est trouvée bien normale. Mais elle implique la prise en compte des autres.

 

       Il faudra commencer par la solidarité, la mise en commun et la redistribution. La dimension synodale de l’Église ne peut être négligée. Rien de beau, de bien, de vrai ne peut se construire dans l’Église dans la solitude. Avec la détermination de l’ensemble des prêtres et des évêques, le changement des conditions sanitaires, matérielles et financières du prêtre béninois ne sera point une utopie. Chacun est invité à mettre la main dans le cambouis pour le bien-être personnel et corporatif. La chose ne sera pas une utopie. Ce n’est pas du tout de l’utopie. Il s’agit d’aider chacun à avoir un minimum pour se soigner et pour vivre décemment afin de mieux s’adonner à la mission. Si ensemble nous sommes rassasiés, le Christ n’aura pas tort de nous enjoindre : « donnez-leur vous-mêmes à manger ». Nous prendrons mieux soins de sa bergerie dans la solidarité et non dans la solitude.

 

Père Didier HOUNKPEKPIN